La compétition

Renforcement musculaire Minime/Cadet
Eté 2013

L’arbitrage

         Les arbitres de judo ont pour mission :

  • D’accorder les avantages ou la victoire aux combattants suite à des techniques partiellement ou totalement réussies ;
  • De maintenir l’intérêt du combat et d’assurer la sécurité des combattants en arrêtant et en faisant reprendre le combat lorsque c’est nécessaire ;
  • D’informer les combattants et la table (et si possible les spectateurs) du déroulement du combat, par exemple lorsqu’il y a début d’immobilisation ;
  • De faire respecter les règles et d’appliquer les sanctions appropriées si nécessaire.

         Dans les compétitions officielles, trois arbitres assurent l’arbitrage d’un combat : un arbitre dit «arbitre central» en position debout et qui se déplace avec les combattants, et deux arbitres dits «juges de coin», qui se trouvent assis aux deux coins opposés de la surface de combat. L’arbitre central prend les décisions en donnant la decision de la majorité. Le rôle des juges de coin est de donner leur avis en cas de désaccord avec la décision de l’arbitre central. Pour cela, ils utilisent les mêmes gestes d’arbitrage que l’arbitre central. Lorsqu’un seul des deux juges de coin donne son avis, il doit ou non modifier sa décision selon que ce soit en accord avec la majorité. Si les deux juges de coin sont d’accord contre l’avis de l’arbitre central, celui-ci doit modifier sa décision. Dans les autres cas, l’arbitre central a toujours la possibilité de revenir sur sa décision, s’il pense s’être trompé. Le juge de coin détermine également si une action est validée ou non selon qu’elle a été exécutée dans ou hors des limites du tapis.

         On distingue l’arbitrage du combat dans les phases de ‘tachi waza (combat debout) et de ne waza (combat au sol), les techniques employées n’étant pas les mêmes. Pour se faire comprendre, l’arbitre utilise des termes d’arbitrage précis souvent accompagnés d’un geste, afin d’être compris de loin dans un environnement bruyant. Voici une liste des termes d’arbitrage employés en compétition et leur signification :

IITermes d’arbitrage

  • Termes génériques
    • Hajime — commencez
    • Mate (bras tendu vers les commissaires sportifs, paume vers l’avant) — pause dans le combat
    • Soremade — fin du combat
    • Hiki-wake — égalité
    • Sonomama (en touchant les deux combattants) — ne bougez plus (lorsque l’arbitre veut vérifier quelque chose sans modifier l’issue du combat)
    • Yoshi (en touchant brièvement les deux combattants) — reprenez le combat (après sonomama)
    • Hantei — décision des juges

 

  • Avantages (tous les points donnés ci-dessous sont attribués lors des compétitions officielles)
    • Yuko — 5 points (bras tendu sur le côté en dessous de l’horizontale, doigts tendus) — avantage moyen
    • Waza-ari — 7 points (bras tendu sur le côté au-dessus de l’horizontale, doigts tendus) — presque la victoire
    • Ippon — 10 points (bras tendu au-dessus de la tête, doigts tendus) — victoire acquise (point), fin du combat

         Note : il n’y a plus de koka dans le règlement de la FFJDA depuis la saison 2008-2009 pour les minimes, cadets, juniors et seniors sauf au championnat de France. Il est remplacé par kinza, avantage non comptabilisé. Le koka a été supprimé en même temps que les prises de judogi bas en poignant.

 

  • Combat au sol
    • Osae-komi — début d’immobilisation
    • Toketa — sortie d’immobilisation

 

  • Sanctions
    • Shido — le premier avertissement est « gratuit » (en cas de non combativité), puis le suivant donne un yuko à l’adversaire, et le shido suivant donne waza-ari. Enfin, la faute suivante donne hansoku make = ippon à l’adversaire (disqualification).
    • Hansoku-make — faute grave (disqualification de la compétition) ou accumulation de trois fautes légères (disqualification du combat).

IIILes commissaires sportifs

         Les commissaires sportifs sont des éléments indispensables à la tenue d’une compétition. Ils sont en charge de la logistique de la manifestation. Les fonctions du commissaire sont :

  • Chronométrer : il doit prendre le temps de combat et suivre les instructions données par l’arbitre.
  • Marquer : il inscrit au tableau de marque les valeurs données par l’arbitre.
  • Tenir la table : il remplit le tableau ou la poule de déroulement des combats et appelle les judokas qui doivent combattre et ceux qui se préparent.
  • Il s’occupe de la pesée et de l’inscription des combattants.
  • Sans oublier le plus important, il se charge de la feuille de poules ou du tableau, c’est-à-dire qu’il se charge de l’ordre et des enchaînement des combats.

IVLe rituel

         Avant d’entrer sur le tatami d’une salle de judo, il faut le saluer. De même lorsqu’on le quitte. Dans un cours de judo, le judoka est dans le devoir de saluer son professeur, d’abord assis puis debout, avant que le cours ne commence et lorsqu’il se termine.

            AEntrée

         Juste avant le combat proprement dit, les deux combattants effectuent l’entrée sur le tatami et se saluent (c’est le rei). Ils saluent une première fois vers le tapis en montant dessus, puis ils rentrent en passant derrière les juges de coin, pour aller se positionner au centre du tapis, face à face derrière la zone de danger (la bande rouge). De là, ils attendent le signal de l’arbitre, qui fera signe en rapprochant ses bras tendus en face de lui. Ils saluent alors une première fois la surface de combat (ce salut n’est plus obligatoire depuis 2004 pour les compétitions, mais il a été maintenu pour les « démonstrations »), puis lorsqu’ils sont à distance de combat, soit environ trois mètres, ils se saluent mutuellement, font un pas en avant, pied gauche d’abord, et attendent le signal de départ hajime.

            BSortie

         Lorsque l’arbitre a donné le signal de fin et désigné le vainqueur (en avançant d’un pas, désignant le vainqueur et en levant la main en présentant ce même judoka), les deux combattants sortent en effectuant l’inverse de l’entrée : ils se saluent, peuvent saluer l’arbitre, peuvent se serrer la main, puis reculent hors de la zone de combat et y saluent le tapis à leur sortie.

VAvantages

         Le but ultime du judo a toujours été la recherche du ippon, soit la victoire directe par une technique efficace. En judo debout, cela se traduit selon quatre critères : chute largement sur le dos avec force, vitesse et contrôle. Cependant, la compétition étant ce qu’elle est, il faut pouvoir juger de l’efficacité d’une technique partiellement réussie, en attribuant des avantages plus ou moins importants selon des critères de réussite, cela afin de pouvoir départager les combattants à l’issue du combat. Ces critères sont la qualité de la projection et la position de réception de l’adversaire en combat debout, et le temps d’immobilisation en combat au sol (un abandon donne la victoire et fait bien souvent suite à une technique d’étranglement ou de clé au coude réussie).

         Les avantages à répartir sont le koka (disparu en 2008), le yuko, le waza-ari et le ippon. C’est toujours l’avantage le plus fort qui l’emporte, ce qui veut dire qu’un waza-ari est plus fort que n’importe quel nombre de yuko. Lorsque le même combattant marque deuxwaza-ari, il gagne par waza-ari awasete ippon. Lorsque l’avantage le plus fort est le même pour les deux combattants, le vainqueur est celui qui en a le plus. Si c’est une égalité, on prend en compte l’avantage inférieur et ainsi de suite jusqu’au plus petit avantage.

         L’attribution d’avantages debout, voire au sol, demande toujours une part de jugement personnel de l’arbitre, ce qui veut dire que les décisions qu’il prend sont parfois contestables et contestées. Ce problème est en principe résolu grâce à l’aide des arbitres de coin, mais ce n’est malheureusement pas toujours le cas. En pratique, selon les règles officielles (et comme dans la plupart des sports) l’arbitre a toujours raison. Plus précisément, la décision validée par au moins deux des trois arbitres sur le tapis est incontestable.

            ACombat debout

  • Kinza : cet avantage n’est pas comptabilisé, ni annoncé, mais doit être pris en compte par l’arbitre pour départager les combattants en cas d’égalité. Il correspond à une attaque franche, suivie ou non d’une chute de l’adversaire sur le ventre ou les genoux, ou à un ancien koka. Il est rarement prononcé en compétition.
  • Yuko (résultat) : il est donné quand il manque deux des quatre éléments du ippon. Il correspond à une chute sur le côté (chute latérale) ou bien une chute sur les fesses avec l’impact sur le bas du dos. Si la vitesse de chute est élevée et immédiatement suivie d’un contact du dos au tapis, cela vaut un waza-ari.
  • waza-ari (il y a technique) : il est donné quand il manque l’un des quatre éléments du ippon. Il correspond à un impact sur le dos mais où la force et la vitesse de la projection sont insuffisants. Il peut aussi être donné suite à une chute sur les fesses ou le bas du dos suivie immédiatement d’un contact des épaules au tapis.
  • Ippon (ichi hon, une barre, un point) : il est donné suite à une projection avec impact sur le dos avec force, vitesse et contrôle, et donne la victoire.

            BCombat au sol

         Un avantage est donné en combat au sol après une immobilisation de l’adversaire. Pour qu’il y ait immobilisation, il faut que les deux épaules de l’adversaire touchent le tapis et que le contrôle se fasse le buste tourné vers le tapis. L’arbitre crie alors osae-komi en avançant le bras tendu et le pied posé en direction des combattants, et le chronomètre d’immobilisation se met en marche. On juge que l’adversaire a réussi à sortir de l’immobilisation quand sa sortie est totale : soit il est sur le ventre (les deux épaules tournées vers le tapis), soit il a renversé complètement son adversaire, soit il avorte le contrôle adverse en enveloppant la jambe ou le buste de son adversaire avec ses jambes. L’arbitre crie alors toketa en agitant latéralement le bras tendu en direction des combattants. On arrête alors le chronomètre et on relève le nombre de secondes qu’il indique. Pendant ce temps, le combat continue jusqu’à ce que l’arbitre donne le signal d’arrêt matte, quand il n’y a plus de suite technique intéressante. Les avantages sont donnés selon le temps d’immobilisation :

  • Yuko : entre 5 secondes et 19 secondes
  • Waza-ari : entre 20 secondes et 24 secondes
  • Ippon : 25 secondes

         La victoire (par ippon) est donnée suite à un abandon de l’adversaire. En combat au sol, l’abandon est très fréquemment provoqué par un étranglement ou une clé au coude (la seule autorisée en judo). Pour signaler son abandon, le combattant frappe trois brèves fois sur son adversaire ou sur le tapis avec la main ou avec le pied si ses mains sont indisponibles. Les étranglements et les clés de bras sont autorisés dans la limite des techniques du judo et sont interdits en catégories benjamin(nes) et poussin(nes) et minimes.

VISanctions
            AAncien système

         Différentes pénalités s’accumulaient :

  • la première, shido, donne un koka à l’adversaire ;
  • la suivante, shui, donne un yuko à l’adversaire en éliminant le koka précédant ;
  • la troisième pénalité, keikoku, donne un waza-ari à l’adversaire en éliminant le yuko précédant ;
  • la quatrième pénalité, « hansouku-make », est éliminatoire du combat si les fautes sont progressives (shido).

         Si le hansoku-make est dû à une faute grave qui y donne lieu immédiatement sans passer par les autres pénalités, il est éliminatoire de la compétition.

            BSystème actuel

         Les différentes pénalités sont remplacées par des shido qui s’accumulent.

         En cas de non-combativité, le premier avertissement est « gratuit ». En cas de récidive, première pénalité par shido. Pour les autres cas de fautes, les pénalités sont immédiates.

  • Le premier shido donne un yuko à l’adversaire.
  • Le deuxième shido donne un waza-ari à l’adversaire.
  • Le troisième shido vaut une victoire de l’adversaire par ippon et entraîne l’élimination du fautif par hansoku-make.
  • Il peut aussi, en cas de faute grave, y avoir un hansoku-make, qui signifie une élimination directe du combattant.

         Pour les éliminations directes, jusqu’à 2005, la règle était la suivante : si un hansoku-make est donné, il est éliminatoire non seulement du combat, mais aussi de la compétition. Depuis 2005, on distingue deux cas : les fautes graves volontaires, éliminatoires de la compétition, et les fautes graves involontaires, qui n’excluent que du combat.

            CFautes sanctionnées

         Les trois premières pénalités sont données principalement pour des fautes de type : non combativité (passivité), refus du combat (fuite ou sortie volontaire de la zone de combat), attitude excessivement défensive (bras tendus, buste complètement plié vers l’avant, saisie du judogi particulière non suivie d’une attaque), fausse attaque (et non pas une tentative avortée qui fait partie du combat), gestes interdits (doigts à l’intérieur de la manche, membre sur le visage de l’adversaire…).

         Les hansoku-make sont donc donnés soit par accumulation de 3 shido, soit après un geste contraire à l’esprit du judo, ce qui peut signifier la non prise en compte de l’arbitre, des remarques faites à celui-ci ; soit après une action mettant en danger l’adversaire ou soi-même. Les gestes dangereux sont nombreux mais faciles à éviter si le pratiquant recherche l’efficacité avant tout.

VIIOrganisation d’une compétition

         La compétition est organisée, pour chaque catégorie, sous la forme d’un tournoi à élimination directe.

  • Le vainqueur et le finaliste reçoivent respectivement la médaille d’or et la médaille d’argent.
  • Pour l’attribution de la médaille de bronze, le système est un peu plus compliqué : contrairement à une croyance assez répandue, les perdant des demi-finales ne s’affrontent pas dans un match pour la troisième place. En fait, il y a deux médailles de bronze attribués aux vainqueurs des deux matchs opposant chacun le perdant d’une demi-finale au vainqueur d’une finale de repêchage.
  • Le tournoi de repêchage (à élimination directe) a lieu entre les quart de finale et les demi-finales (appelées généralement finale de tableau) : il oppose l’ensemble des judokas éliminés précédemment par l’un des demi-finalistes. Les quart de finalistes sont donc automatiquement reversés dans le tournoi de repêchage mais les autres concurrents sont tributaires du parcours de leur vainqueur. Chaque concurrent intègre le tournoi de repêchage en fonction du stade où il a été éliminé du tournoi principal : le quart de finaliste entre ainsi à l’avant dernier tour.
  • Dans chaque match pour la troisième place, les deux combattants comptent une seule défaite.