|
Kahina Daoud Une médaille de bronze
Lors des championnats de France seniors, la jeune licenciée du BMS judo a obtenu une médaille de bronze. La juste récompense d'une belle énergie.

La cathédrale d’Amiens est un des joyaux de l’art gothique. D’ailleurs, à la buvette du Coliseum, où évolue d’habitude l’équipe de hockey de la ville, l’on peut trouver des sandwichs dits «gothiques». Mais samedi 14 et dimanche 15 janvier, ils ne sont pas tout de noir, mais tout de blanc, vêtus, les athlètes qui s’y pressent. Seules les ceintures sont noires pour les championnats de France seniors de judo, première division. Kahina Daoud, jeune licenciée du BMS judo est arrivée le vendredi 13 au soir pour être fin prête, le lendemain, à affronter ses adversaires de la catégorie des moins de 52 kilos. Alors qu’à 18 ans, elle n’est que junior, elle fait figure de grand espoir du club blanc-mesnilois et ne cache pas ses ambitions.
Kahina impressionne dès le début par sa concentration. Elle s’asperge d’eau, se tape sur les joues avant de défier Aurélie Bouhier-Besoulle pour le premier tour. Elle semble emmagasiner une sérieuse dose d’énergie qu’elle va faire exploser sur le tatami. Kahina, petite gueule d’ange dans le civil, se métamorphose une fois en kimono. En véritable félin, elle ne fait plus face à une adversaire mais à une proie. Elle confirme : «je suis timide dans la vie. Sur le tatami je me sens libre de m’exprimer.» Il semblerait qu’elle ait beaucoup de choses à dire.
Début du combat : la Blanc-Mesniloise, visiblement supérieure, déborde d’agressivité et enchaîne les attaques, et les avantages. Ce n’est plus un combat mais un chemin de croix. Elle se qualifie sans problèmes pour le tour suivant. Déjà les quarts de finale. Et c’est une vieille routarde des tatamis qui se présente : Marine Richard. Kahina est toujours aussi agressive, mais sur un contre, Marine marque un premier avantage. Puis un deuxième selon un scénario similaire. Le suivant est décisif, la messe est dite. Kahina ne peut maintenant plus compter que sur les repêchages. Face à Pénélope Bonna. En bon apôtre de l’attaque, elle est aussi agressive que possible. Elle use de ses grands bras pour répéter un mouvement d’épaule tout au long du combat. Les mains en avant, face à son adversaire, elle sort littéralement ses griffes. Impressionnée peut-être, Pénélope est pénalisée pour avoir mis un pied hors du tapis. Quelques attaques encore, de nombreux corps à corps au sol et Kahina l’emporte du plus petit des écarts. Qu’importe, elle est à présent sûre de terminer à la septième place, quoi qu’il arrive. Elle a rempli la mission que lui avait assignée son entraîneur, Achour : un classement synonyme de maintien en première division. C’est Elisa Panei qui lui est opposée ensuite, et attaque très fort le combat. Trop peut-être, car Kahina domine les échanges. Elle accumule les avantages. L’issue ne fait aucun doute. Achour, tout sourire, l’accueille au sortir du tatami. Elle vient de se qualifier pour le combat décidant d’une des places de troisième. Une dernière victoire et c’est la médaille de bronze. Mais de combat il n’y aura pas. Faut-il y voir une manifestation divine ? Caroline Lantoine déclare forfait pour une blessure au genou. Passage à confesse : «C’est le meilleur résultat que j’ai obtenu. Aujourd’hui j’étais bien concentrée. Là je suis sur un petit nuage, je flotte», reconnaît la médaillée de bronze. Ce n’est pas un miracle, non, simplement la juste récompense d’un travail acharné. La suite c’est le tournoi de Paris, peut-être les championnats du monde junior. Et même un rêve olympique : de quoi écrire tout un roman…
Auteur : Stéphane Legras Photo : © Erwan Guillard Source : Le Mensuel de Blanc-Mesnil n° 86, février 2006
Autre article sur Kahina D. : >> Achour Benabdelmoumène et Kahina Daoud <<
|